CARPOVIRUSINE MAX : Un Acteur Biologique Contre le Ver de la Pomme

Dans un contexte où la demande pour des méthodes de protection des cultures plus respectueuses de l'environnement est croissante, les insecticides biologiques comme le CARPOVIRUSINE MAX jouent un rôle prépondérant. Ce produit phytopharmaceutique est spécifiquement conçu pour lutter contre le Cydia pomonella, plus communément appelé le ver de la pomme ou de la poire. Son principe actif est le Cydiovirus (Granulovirus de Cydia pomonella - CpGV) isolat M, un virus naturellement présent qui s'attaque aux larves de ce ravageur, offrant ainsi une alternative ciblée aux traitements chimiques traditionnels.

L'Évaluation ANSES : Une Modification Technique Sous la Loupe

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) a récemment été sollicitée pour évaluer une modification de l'autorisation de mise sur le marché du CARPOVIRUSINE MAX. Cette évolution concernait principalement un changement dans la formulation et le processus de fabrication du produit par son demandeur, SUMI AGRO France. L'objectif de cette évaluation était de s'assurer que ces modifications n'altéraient ni l'efficacité du produit, ni sa sécurité pour l'homme et l'environnement.

Les conclusions de l'ANSES confirment que la nouvelle méthode de fabrication permet d'obtenir un produit plus concentré (50 fois) tout en maintenant la même activité biologique par unité de substance active. L'efficacité du CARPOVIRUSINE MAX est donc jugée équivalente à celle du produit initial, garantissant une protection continue des cultures de fruits à pépins.

Sécurité Alimentaire : Des Garanties pour les Consommateurs et la Restauration

Pour les professionnels de la restauration et, plus largement, pour la sécurité alimentaire des consommateurs, les conclusions de l'ANSES sont rassurantes. Le Granulovirus de Cydia pomonella (CpGV) n'étant pas une substance chimique, il ne fait pas l'objet de Limites Maximales de Résidus (LMR) comme les pesticides conventionnels. L'évaluation toxicologique a montré que le CpGV isolat M ne présente aucun effet indésirable aigu ou d'irritation, ni de potentiel de sensibilisation.

De plus, les méthodes d'analyse actuelles ne permettent pas de quantifier les résidus de la substance active sur les fruits traités, renforçant la confiance dans la faible exposition du consommateur. L'ANSES conclut qu'il n'y a pas de risque pour la santé humaine du consommateur lorsque le CARPOVIRUSINE MAX est utilisé conformément à son étiquetage. Ceci est un élément clé pour la filière agroalimentaire et un gage de qualité pour les restaurants utilisant des fruits issus de ces cultures.

Protection des Opérateurs et de l'Environnement : Des Mesures Strictes

Si le produit est sûr pour le consommateur, l'ANSES a toutefois identifié des risques pour les opérateurs et travailleurs agricoles manipulant le CARPOVIRUSINE MAX, notamment un risque de sensibilisation respiratoire par inhalation des aérosols lors de la préparation et de l'application. En conséquence, l'agence recommande l'adoption de mesures de protection strictes :

  • Le port d'Équipements de Protection Individuelle (EPI) adaptés, incluant des gants, une combinaison, une protection oculaire et surtout une protection respiratoire efficace (masque FFP2 ou équivalent) lors des phases de mélange, de chargement et d'application.
  • Le respect de délais de rentrée (DRE) pour les travailleurs afin de minimiser l'exposition post-application.

Concernant l'environnement, le produit présente un risque globalement faible pour la plupart des organismes non cibles (mammifères, oiseaux, organismes aquatiques, abeilles). Cependant, un risque a été identifié pour les trichogrammes, des insectes auxiliaires précieux. Des zones non traitées ou des distances de sécurité par rapport aux points d'eau sont également recommandées pour prévenir toute dérive vers les milieux aquatiques.

Conclusion : Une Approbation Conditionnée pour une Meilleure Sécurité

L'avis de l'ANSES est donc favorable à la modification de l'autorisation du CARPOVIRUSINE MAX, mais sous réserve de l'application rigoureuse de ces mesures de gestion des risques pour les opérateurs et l'environnement. Cette décision illustre la démarche continue d'évaluation et d'adaptation des produits phytopharmaceutiques pour concilier protection des cultures, sécurité sanitaire et respect de l'environnement. Pour les professionnels de la restauration, cela signifie des matières premières toujours mieux contrôlées, issues de pratiques agricoles encadrées par une réglementation exigeante.

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